Stereoparc comme si vous y étiez vraiment (presque) pas

Bien décidé à prendre le message des organisateurs au pied de la lettre, j’ai testé toutes les positions d’écoute au festival Stereoparc. Commencé pépère dans un appartement de centre-ville, mon parcours de festivalier tout-terrain s’est finalement achevé dans l’enceinte du festival, après avoir zoné une bonne heure devant les barrières en compagnie des riverains.

Au hasard Balthazar. Par un concours de circonstances incroyable, je me retrouve à Rochefort pile-poil pour le début du festival électro « Stereoparc », nouvel événement estival pensé par la mairie de la 3e ville de Charente-Maritime pour réveiller une cité complètement bouffée par sa voisine et capitale La Rochelle qui détient les pleins pouvoirs en matière d’animation avec les énormes Francofolies, le Festival du Film, le Grand Pavois, j’en passe et des meilleurs.. Attaquée de toute part sur son inattractivité chronique, la belle endormie jadis magnifiée par les “Demoiselles de Rochefort” et son fantasque refrain resté dans toutes les têtes “nous sommes deux sœurs jumelles” doit réagir, au plus vite. Sans vouloir rattraper un retard impossible à combler sur la belle et rebelle Rochelle, Rochefort doit créer un minimum d’animation et surtout faire rêver une jeunesse qui s’emmerde à mourir dans cette cité qui ne vit désormais (presque) plus que pour ses cures thermales offertes à des parisiens en recherche de silence et d’air frais.

“La nouvelle équipe va-t-elle réussir là où l’ancienne s’est plantée en beauté ?”

      Les demoiselles de Rochefort, toujours aussi swags

Message reçu par l’équipe du festival charentais “Cognac Blues Passion” qui récupère la patate chaude du festival électro après le désistement du directeur de “Summer Sounds” barré en Espagne après 3 éditions “très moyennessauf en 2016 avec David Guetta” selon une source sûre locale. Oui, forcément, le “King of Beat” avait fait salle comble.. Un brainstorming cahoteux et quelques prises de tête plus tard, “Stereoparc” est né, étonnant mélange entre “Stereo Total” et “Hyde Park”. L’objectif reste inchangé : ramener un max’ de jeunes avec une programmation électro fun’ à la mode. La nouvelle équipe va-t-elle réussir là où l’ancienne s’est plantée en beauté ? La réponse maintenant tout de suite avec un report en 360 sur l’événement dance rochefortais.

Tout juste débarqué de Paris (moi aussi) pour me mettre au vert en bon parisien que je suis, je suis en pleine méditation face au ciel étoilé dans mon appartement de centre-ville quand je suis brusquement interrompu par de fortes vibrations sonores en provenance du parc de la Corderie Royale qui trahit encore aujourd’hui le glorieux passé de la ville. Peu soucieux des parigots en vacances, c’est French 79 qui est en train d’envoyer son set pour la première soirée de “Stereo Parc” que je déguste depuis mon balcon en me délectant des projecteurs jaunes et blancs qui viennent superbement déchirer un ciel noir pur d’été constellé de centaines d’étoiles.

“hier soir c’était vraiment pourri, les gens ne dansaient pas”

Qui est in, qui est out. Il est 19h quand je décide finalement d’interrompre mes vacances, direction la boite mail de l’attaché de presse du festival pour une accréditation de dernière minute avec comme angle éditorial un “projet non défini”. Sans réponse de la com’, je décide de me pointer quand même devant le festival pour écouter les concerts de cette 2e et dernière soirée de l’extérieur, comme une bonne centaine de personnes venues pique-niquer sur les pelouses du mini-parc qui jouxte le véritable parc de la Corderie Royale. Une 1664 et quelques tours de bascule de gosse avec un inconnu plus loin, me voilà en train de prendre des photos des barrières pour documenter ce véritable “festival de l’extérieur” qui se tient à côté du festival officiel, avec des gens qui semblent passer une super soirée en écoutant des concerts sans les voir.

Le plan parfait pour mater le festival sans payer

J’écoute comme ça Lost Frequencies et Bon Entendeur avec son tube-remix “Le Temps est Bon”, assis sur un jeu d’enfant en descendant une 1664, et le pire c’est que je prends mon pied. Le temps est bon à l’extérieur du festival, avec une une ambiance de fête foraine des plus agréables: “Gonzai je connais ça ils font des trucs de bâtard!“, dixit un local de l’étape qui connaît Gonzai (première bonne nouvelle) et qui essaie de me refourguer des fausses places pour rentrer à l’intérieur. Question logique, réponse logique: “C’est gentil mais je préfère rester à l’extérieur pour écouter, c’est bien mieux!

3 heures à l’intérieur. Il est minuit quand je me pointe à l’entrée des artistes/journalistes où deux agents de sécurité à moitié endormis m’attendent pour me filer des infos de première main: “hier soir c’était vraiment pourri, les gens ne dansaient pas”, c’est con pour un festival électro. Incrédules face à ma demande, ils restent sans voix quand l’attaché de presse débarque 5 mn plus tard: “bien sûr rentrez! Je suis désolé j’ai pas vu votre message!“. J’aurais pas dit mieux, il reste 3 heures de festival et me voici désormais à l’intérieur après avoir fait ma demande 3 heures avant. Avant toute chose, je mets les choses au clair avec elle: “ça sera un article plutôt humoristique” avant de me diriger derechef sur le dancing, où cette fois tout le monde danse à la folie quand j’arrive devant la scène alors que Dj Popof envoie un mix’ qui ne restera pas dans les annales pour son originalité.

      Ça danse sec à Stereo Parc, la preuve en images

Quelques gouttes de bière sur mon téléphone et quelques gorgées de coca-cola plus tard, me voici donc enfin en plein coeur de l’événement, avec pour bien commencer l’intervention indispensable d’un festivalier complètement bourré: “pourquoi je suis là? Je m’en bas les couilles du son, je viens pour être avec mes potes“. Pour sa première en tant que festivalier, cet ancien bénévole fait très (très) fort. Un petit tour de tête rapide pour constater que la plupart des festivaliers sont effectivement tous bien torchés/défoncés, et pas vraiment au fait de la programmation: “C’est qui qui joue après? J’en sais rien ahahah“. Si Stéphane Bodzin apprenaît ça, il ne serait pas très content, lui qui envoie les dernières notes de Stereoparc 2018. Qu’importe, si la mairie continue comme ça, elle aura tous les suffrages des jeunes aux prochaines élections. Des jeunes désormais survoltés par l’événement, qui ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin vers la gueule de bois: “Il est où l’After ?? Y’aura des DJs au camping ?“. Même moi, contrôlé positif à l’alcootest, je suis torché. C’est ce qui s’appelle un pari réussi pour les organisateurs du nouveau festival électro-fun rochefortais, ici résumé en images.

Plus d’infos sur l’événement dance rochefortais ici.

One thought on “Stereoparc comme si vous y étiez vraiment (presque) pas

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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